De l’antiquité à la féodalité

Le Plateau d’Avron au temps des gaulois

Notre Plateau d’Avron était-il habité à cette époque ?   … nous ne le savons pas, car nous n’en avons pratiquement aucune trace, excepté cette pièce de monnaie, trouvée sur le Plateau en 1973, et dont nous allons parler plus loin.

 

pillier4pillier1Pilier des Nautes

Les Gaulois qui vivaient dans notre région, s’appelaient les « Parisii ». Ils étaient arrivés environ trois siècles avant  notre ère. Venant probablement de Belgique, ils étaient venus s’installer ici, avec l’accord, et sous l’autorité des Sénons. Ils avaient pour capitale ‘’Lutèce’’, probablement installée sur le Nanterre d’aujourd’hui, et que les guerriers de Camulogène incendièrent, en 52 avant J.-C., pour interdire la ville aux troupes de Labienus.

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Le nom de « Parisii », d’origine celte, désigne le « Peuple des carrières ». Ils furent probablement les premiers à exploiter à ciel ouvert, soit du calcaire, soit du gypse très abondant à Paris et dans ses alentours, du nord au sud.

En langue celtique le « P » se prononçait « K » et il semblerait que « Kwarisi » ou « Karisi » soit en celte le terme qui désignait les carrières.

 

La présence en sous-sol du calcaire et du gypse, offrira à Paris, en rive gauche et au nord de la rive droite, notamment à Montmartre, toutes les ressources aux Parisii pour construire et édifier des mégalithes, tel le pilier des Nautes, plus ancien ensemble sculpté découvert en France et daté par une inscription impériale. Le pilier des nautes constitue l’un des rares documents sur la mythologie gauloise qui soient parvenus jusqu’à nous. Celui-ci est d’ailleurs visible dans la salle du frigidarium des thermes de Cluny. Les Nautes sont une confrérie d’armateurs mariniers naviguant sur les fleuves et rivières de la Gaule.

Les celtes aimaient s’installer sur les berges des fleuves, mais ils privilégiaient également les plateaux où ils se retranchaient derrière leurs oppidums. Notre région ne manque donc pas de lieux où ils auraient pu s’implanter. C’est le cas du site de Saint-Maur-des-Fossés, dont l’implantation classique dans une boucle de la Marne s’apparente fortement à celle d’un oppidum.

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C’est donc un peuple dirigé par des « aristocrates marchands » qui vivait dans notre région. Tirant leur richesse du contrôle du fleuve et de ses affluents, ils assuraient vraisemblablement le relais du grand commerce avec l’Italie, comme le montre la découverte de fragments d’amphores à vin dont on sait que la noblesse guerrière était grande consommatrice. Le témoignage de cette puissance, qui est sans doute aussi l’expression de l’unification politique, économique et religieuse d’un territoire, se manifeste notamment par un monnayage d’or apparu au début du 1er siècle avant J.-C. et comptant parmi les plus beaux de la Gaule.

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Nous savons que les romains furent les premiers inventeurs du béton  (sa disparition pendant quelques siècles le fit réapparaître comme une grande invention bien plus tard). Ce que l’on sait moins, en ce qui concerne le plâtre, c’est que le nombre de carrières de gypse autour de Lutèce va permettre son développement, puisque les romains le diffusent là où ils s’établissent en Europe du Nord. Les maisons de Lutèce ont les murs enduits de plâtre et les plafonds de bois et plâtre. Peu à peu, des bâtisses solides remplacent les huttes aux murs en torchis des Parisii.

Après être tombée sous la domination romaine et l’instauration de la « pax romana », Lutèce et ses environs put se développer notamment dans les activités de batellerie, sur la Marne et sur la Seine. Toutefois, l’étendue du territoire conquit par l’Empire Romain devenait difficilement contrôlable. Les incursions périodiques des « Barbares » devinrent, au cours du IIIème siècle, de véritables vagues d’invasions. A ces événements, s’ajoutèrent, notamment en Gaule, une longue série de troubles et de révoltes dus à l’instabilité générale, la pression fiscale, les famines  mais aussi les ambitions des chefs locaux.

Les révoltes « Bagaudes »  (du celte bagad : troupe, rassemblement)  furent, entre autres, à l’origine de la division du pouvoir à la tête de l’empire romain. L’Empereur Dioclétien instaura un duumvirat et en 286, se réservant la gestion de l’empire, il confiait à Maximien, son lieutenant, la direction militaire des événements. Les révoltés, menés par Elianus et Amandus qui s’étaient proclamés empereurs et frappaient leur propre monnaie, eurent à subir l’attaque sans pitié de Maximien, lequel leur ayant proposé une amnistie partielle put ainsi mieux les isoler. La dernière bataille de cette révolte eut lieu non loin du plateau d’Avron, dans la boucle de la Marne qui enserre Saint-Maur-des-Fossés.

De cette période, somme toute assez éloignée, le Plateau d’Avron a conservé, bien malgré lui, un témoin matériel : une pièce de monnaie qui fut mise au jour, par hasard, en 1973 par M. Gaypellier. Cette pièce, en bronze, a été retrouvée rue Danton, à l’emplacement même qu’a occupé le château d’Avron. Sa datation a été évaluée au IIIème siècle de notre ère, et elle a été identifiée comme un ‘’antoniniatus’’.

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Cette pièce de monnaie n’est pas la seule à avoir fait surface au cours des deux derniers siècles. En 1898, une autre pièce, toujours en bronze et représentant un petit buste, a été trouvée au pied nord d’Avron. M. Louis Sourdat en a transmis un calque à la mine de plomb qui permet de la dater du IVème siècle de notre ère. Trouvaille qui est à rapprocher des vestiges de voies gallo-romaines qui auraient été repérées en 1974 sur le flanc ouest du Plateau d’Avron par des techniciens des Ponts et Chaussées.

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Le Plateau d’Avron possède bien des caractéristiques qui auraient pu rendre favorable l’implantation des Gaulois : c’est un plateau de toutes parts, à la partie sommitale bien plane, qui permet la surveillance de toutes les vallées et buttes alentours, et dont le sous-sol renferme du gypse et de la pierre à plâtre. Celui-ci a été exploité depuis très longtemps, peut-être depuis l’antiquité. Pourtant, rien ne permet de dire qu’ils s’y soient implantés. Les pièces de monnaie et les vestiges de voie romaine ne permettent en aucun cas d’affirmer leur implantation sur ce site.

 

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