Le Plateau d’Avron et la guerre de 1870

 

Ceci n’est que le résumé d’un article plus détaillé en cours de rédaction.

 

Cette terrible guerre franco-allemande s’est déroulée chez nous, sur notre sol, et bien des soldats ont laissé leur vie pour la patrie. Peu de gens savent, qu’ils soient parisiens ou d’ici, que c’est en reconnaissance des combats qui se sont déroulés sur, et autour du Plateau d’Avron, qu’une rue de Paris a ainsi été nommée ; rue qui par la suite a également donné son nom à une station de métro.

Le 19 juillet 1870, par suite d’évènements et de relations malencontreuses, la France déclare officiellement la guerre à la Prusse. Le début de cette guerre est catastrophique pour la France : en à peine plus d’un mois, elle subit revers sur revers et Napoléon III, retranché à Sedan, capitule le 2 septembre. Le 4 septembre, la troisième république est proclamée en lieu et place de l’Empire. Un gouvernement de Défense Nationale est constitué, il est présidé par le Général Trochu.

Le Plateau d’Avron au centre des hostilités

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Les Prussiens sont déjà aux portes de Paris. Ils décident de l’encercler et d’en faire le siège : c’est chose faite le 19 septembre. A l’Est, Paris est protégé par une ceinture de forts derrière lesquels les troupes françaises sont retranchées : ce sont les forts de Vincennes, Nogent, Rosny, Noisy-le-Sec, Romainville et Aubervilliers (en pourpre sur la carte ci-dessus). Le plateau d’Avron est à l’extérieur des fortifications françaises, et comme les troupes allemandes sont au Raincy, Chelles et Noisy-le-Grand (en bleu sur la carte), il se trouve entre les lignes ennemies. Des reconnaissances sur le Plateau fin septembre, tant par les Français que par les Allemands ne démontrent pas l’intérêt de tenir cette position. En octobre, de nouvelles reconnaissances sont faites.
L’armée de la Loire, formée en octobre 1870, bat les Bavarois à Coulmiers et reprend Orléans le 9 novembre. L’idée de l’état-major français est donc de faire une percée par la Marne et Champigny pour rallier l’armée de la Loire en direction d’Orléans, ce qui modifierait le rapport de forces.

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C’est le 25 novembre, qu’on décide d’occuper Avron et d’y implanter 10 batteries de canons destinées à couvrir la tentative de percée vers Champigny. Le 27 au soir, en pleine nuit, douze mille hommes prennent possession du Plateau d’Avron et installent leurs batteries. Les pièces ne sont protégées que par des remblais de terre. Le début de l’offensive et le passage de la Marne prévu le 28 ne peuvent avoir lieu, une crue de la Marne empêchant la construction d’un pont de bateaux. Ce n’est que le 30 que l’offensive est déclenchée : les troupes du général Ducrot franchissent la Marne et partent à l’assaut des collines de Villiers et de Champigny. L’artillerie implantée sur Avron concourt avec succès à ouvrir le passage des troupes d’assaut. Bry-sur-Marne, Villiers puis Champigny sont ainsi conquis avant le soir, mais les avant-postes buttent sur les parcs de Coeuilly et de Villiers. Un armistice est prévu de part et d’autre le 1er décembre pour permettre à chaque camp de ramasser ses blessés et d’enterrer ses morts. Les Allemands en profitent pour se renforcer. Le 2 décembre, alors que le thermomètre descend à –10 degrés, les combats sont violents, personne ne progresse. Le Général Ducrot prend alors la décision de stopper l’offensive pour ne pas infliger à ses soldats une nuit supplémentaire à l’extérieur. La percée de Champigny, malgré le courage des combattants français, n’aura pas abouti. C’est un nouveau revers, et pour le moral des troupes stationnées dans Paris, comme pour la population encerclée, l’élément positif, c’est la prise du Plateau d’Avron, d’autant plus qu’il est décidé d’y rester. D’ailleurs, pour couvrir toutes les échauffourées qui ont lieu à Gagny et Neuilly-sur-Marne, les batteries d’Avron s’avèrent efficaces. Avron est devenu un symbole d’optimisme pour les Parisiens.

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Mais les Allemands n’en restent pas là. Discrètement, ils installent des batteries performantes au Raincy, sur les hauts de Gagny et de Noisy-le-Grand, et le 27 décembre, à 8 heures du matin, un déluge de feu est déversé sur le Plateau d’Avron. Ce bombardement durera deux jours, avant que l’état-major français ne décide l’évacuation dans la nuit du 28 au 29 décembre. Le Plateau d’Avron ne sera pas réoccupé, ni par les Français, ni par les Allemands.

Malgré ce triste bilan, le Plateau d’Avron aura été, pendant le mois de décembre 1870, un symbole d’espoir pour les parisien assiégés.

Une commémoration annuelle a lieu au monument aux morts du Plateau d’Avron, situé Chemin des Pelouses d’Avron : elle est organisée le dimanche précédant le 25 décembre vers 11h00 du matin. Pour conserver la mémoire de cet évènement et que perdure ainsi cette commémoration, nous invitons tous ceux qui le peuvent à y assister.